Projet de loi Yadan
Comme près de 700 000 personnes (aujourd’hui, 13 avril 2026) j’ai signé la pétition contre la proposition de loi dite « Proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » (n° 575 de la 17ᵉ législature), proposition présentée par la députée Caroline Yadan (macroniste fâchée après la reconnaissance de la Palestine !).
Deux raisons m’ont poussé à signer cette pétition : la question de la définition de l’état d’Israël et le bilan du projet sioniste.
L’existence de l’état d’Israël
L’objet de cette loi est d’introduire l’antisionisme dans l’antisémitisme. Aujourd’hui, il est encore possible de dire que nous sommes opposé-es à l’existence de l’état d’Israël sans être taxé-e d’antisémite. Avec l’adoption de cette loi, ce ne sera plus possible.
La loi précise aussi que ne pas reconnaître Israël comme État est contraire aux orientations de l’État français qui a factuellement reconnu Israël.
Israël est créée en 1948. La France reconnaît de facto Israël le 24 janvier 1949, mais la reconnaissance de jure n’intervient que le 20 mai 1949, un an après sa naissance.
Mais l’état reconnu à cette date ne possède pas les frontières qu’Israël revendique actuellement. Après les guerres régulières opposant Israël et ses voisins arabes, les frontières d’Israël ont évoluées. Des territoires ont été conquis, puis certains furent restitués. L’ONU a reconnu Israël sur la base des frontières dites de 1967 (résolution 242).
Or, aujourd’hui, nous ne sommes plus du tout dans cette configuration de l’État israélien.
La colonisation massive par les israéliens et les israéliennes des territoires palestiniens a été réalisée sans aucune validation de l’ONU. Elle est donc réalisée en violation flagrante du droit international.
C’est cette configuration territoriale de l’État d’Israël que je refuse d’accepter. À ce titre, je conteste donc l’existence de cet état.
Le projet sioniste
Cette idée de créer un État dans lequel le peuple juif pourrait vivre en paix date du 19ᵉ siècle (même s’il a déjà été évoqué plus tôt).
Cette proposition est assez cohérente. À l’époque où les États-nations se mettent en place, l’idée de créer un lieu protégeant à la fois le peuple et la culture juive est séduisant.
Elle est concrétisée après la Seconde Guerre mondiale et la tentative d’extermination des juifs et juives perpétrée par les occidentaux (en l’occurrence les régimes politiques racistes d’Europe centrale arrivés au pouvoir dans les années 1930). Le choix s’est porté, à la demande des organisations juives, sur le territoire historique (selon elles), « la terre promise ».
L’arrivée des juifs et juives en Palestine n’a rien eu de pacifique. La Nakba, (la catastrophe) est le nom que les palestiniens ont donné à cette arrivée massive et violente. Une première guerre opposant les israéliens et les arabes est déclenchée dès l’année 1948, année de la création de l’état hébreu.
L’arrivée violente d’un peuple sur un territoire sans l’accord des habitant-es ne pouvait que provoquer des rapports conflictuels. Et depuis près de 80 ans, les guerres, les attentats, les harcèlements, les humiliations, les viols se sont succédé… Israël est pour l’instant renforcé géographiquement. Mais le projet est aujourd’hui moribond.
Rappelons que ce projet sioniste visait à faire vivre le peuple juif en sécurité et en paix. Force est de constater que c’est un échec flagrant, et que, dans l’état actuel des relations, la pacification de cet espace géographique semble complètement utopique. Le projet de faire vivre deux états pour deux peuples ne pourra plus voir le jour.
Si le droit international existait toujours, une intervention forte et résolue de l’ONU (y compris militaire) aurait peut-être pu faire évoluer positivement la situation. Mais après les présidences Trump et l’abandon de tout droit international, cet espoir ne peut plus être évoqué.
Voilà pourquoi j’ai signé cette pétition.
Je n’ai rien contre le peuple juif, rien contre la riche culture yiddish.
Je reconnais l’existence de l’État d’Israël, dans ses frontières de 1967 en attendant de pouvoir faire évoluer les rapports géopolitiques positivement.
Pour moi, pour rétablir la paix au Moyen-Orient, il n’y a qu’une solution : un seul État, la Palestine !
Je reviendrai sur cette question dans un autre article…

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