Moyen-Orient, pour la paix, un seul état : la Palestine !
Lorsque j’ai commencé à réfléchir à cet article, je n’avais pas écris depuis le 9 octobre 2023 ! Deux jours après le massacre…
C’est dire si cet événement m’a marqué. Pourtant, ces 30 mois n’ont pas été dépourvus de réflexion, d’actions, d’échanges. Mais pas d’écrits (sur ce sujet).
J’avais un peu de mal à faire le tri parmi toutes les idées qui trottaient dans mon cerveau vieillissant. Il faut dire que toute ma vie, je n’ai connu le Moyen-Orient qu’en situation de guerre. Je suis né après la Nakba et j’ai donc été abreuvé depuis mon enfance par les récits des batailles, attentats, traités non respectés, occupations qui se sont succédé depuis 80 ans. La guerre d’Indochine s’est arrêtée, la guerre d’Algérie s’est arrêtée, celle du Viêt Nam a pris fin… Mais pas celle du Moyen-Orient !
Il est temps de faire le point…
L’échec du projet sioniste
L’idée originelle du sionisme fut de créer un espace dans lequel le peuple juif pourrait trouver la paix. Les Juifs et Juives, peuple chassé mille fois, toujours mis à part, pouvaient, grâce à cette idée, rêver d’un havre de paix.
Cette idée s’est trouvée agglutinée avec celle de la « Terre promise », cette partie du Proche-Orient de laquelle ce peuple fut pour la première fois chassé. Celle qui, au fur et à mesure des siècles, est devenue LA terre des juives et juifs, celle qu’ils et elles allaient pouvoir retrouver…
Cette idée, double, a pu prendre corps dans la seconde partie du XXᵉ siècle, après l’horreur de la Shoah…
L’idée était simple : après avoir acheté des terres aux riches propriétaires locaux, les territoires ainsi créés allaient se transformer en État, baptisé Israël, avec la bénédiction des « grands pays du Monde », au mépris des populations locales, qui survivaient sur leur terre.
L’État ainsi créé pourrait protéger le peuple juif des agressions intérieures et extérieures. Juives et juifs allaient enfin pouvoir vivre en sécurité, chez eux.
Mais la violence nécessaire à leur installation, notamment avec l’expulsion des populations arabes (la Nakba) a laissé une cicatrice indélébile dans la culture de la population locale. Et ce, d’autant plus que ces « catastrophes » vont se reproduire lors des guerres qui vont se succéder tout a long de ces huit décennies.
Ces multiples déchirures ont rendu impossible l’espérance de vie paisible du peuple juif au milieu des pays arabes, qui tous, ne pensent qu’à la revanche. Sans compter les groupes religieux ou culturels qui agissent pour leur compte avec des objectifs parfois divergents.
Nous savons dorénavant que le projet sioniste d’installation paisible du peuple juif sur des terres qui ne lui appartiennent pas est un échec. Jamais Israël ne pourra vivre en paix !
Un seul état, la Palestine
Il nous faut donc abandonner cette idée d’une solution à deux états. Mais il me semble que ce serait ajouter une catastrophe à la catastrophe que de se contenter d’expulser, une nouvelle fois, le peuple juif. Il faut trouver une solution pérenne, qui tienne compte de l’histoire, ancestrale et récente, et qui puisse être acceptée par toutes les parties prenantes.
Les militant-es pro-palestiniens sont majoritairement favorables à une solution à deux états. Je pense que cette solution est aujourd’hui irréaliste. Un État palestinien et un état juif ne peuvent plus vivre sereinement côté à côte. Ce serait relancer la guerre à court terme.
C’est pour ça que je suis favorable à une solution à un état.
Pour ce faire, il me semble qu’il existe deux possibilités :
* Créer un état bi-national, où juifs et arabes devrait vivre ensemble, tous les habitants ayant droit à la citoyenneté et aux mêmes droits.
* Créer un État fédéral, dans lequel il y aurait d’un côté les palestiniens et de l’autre, les juifs. L’ensemble étant piloté par un conseil national.
Je ne sais quelle serait le meilleur choix, mais il me semble que pour arriver à une solution, il faut remplir un certain nombre de conditions.
Des conditions indispensables doivent être réunies
Quelle que soit la solution finalement retenue, le respect de conditions précises sera nécessaire. Essayer de créer un nouvel état dans la cadre des relations actuellement existantes est complètement inconcevable. Pour ce faire, il est nécessaire que les armes se taisent et qu’une autorité impose un dialogue et une réflexion de fond, venant des citoyens eux-mêmes.
Cette autorité ne peut qu’être une instance internationale. Ce serait à l’ONU de prendre le contrôle militaire et policier du territoire. Cela signifierait un désarmement total, de toutes les parties du territoire. Cela signifierait aussi l’abandon des colonies israéliennes avec un retour à la résolution 242 qui délimite le territoire israélien.
La seule force militaire autorisée, serait celle de l’ONU. La seule police serait celle de l’ONU.
Cette présence de l’ONU serait garantie pour une durée minimum de 50 ans.
Pendant cette durée, outre la reconstruction et la réinstallation des palestiniens, un travail profond serait mis en place en vue de rétablir des liens entre les deux communautés.
Suite à ce premier travail, une réflexion sur l’administration du nouvel état serait initiée, avant de déboucher, à échéance des cinquante ans, sur un véritable état stable, autonome et respectueux des communautés qui le compose.
Renforcement du droit international

La mise en place d’un espace complètement contrôlé par l’ONU pourrait imposer la cessation du conflit armé, puis, dans un second temps, d’une véritable paix.
Mais cette solution aurait aussi un avantage : celui de renforcer le droit international.
Ce que nous appelons « droit international » est en fait un ensemble d’accord très récent au niveau mondial. Il date du XXᵉ siècle (plus précisément des années 1950), même si la création de la SDN avait été un précédent déterminant dans les années 1920. La création de l’ONU était la traduction d’une volonté d’imposer une instance de régulation des conflits entre les Etats. Même si les « grandes puissances militaires » ont pu garder un pouvoir excessif, la mise en place d’un lieu de régumation des échanges politiques entre les états a marqué l’histoire de l’humanité.
Mais, force nous est de constater que cette ambition est clairement remise en question aujourd’hui, notamment par les positions des USA et de son président qui comptent bien établir une réelle domination de leur pays sur le monde.
Réussir à imposer le règlement d’un conflit par la présence forte de l’ONU serait ainsi l’occasion de régler une question locale et imposer le renforcement, durable, d’un droit international qui permettrait à tous les états de ne plus dépendre d’un seul puissant !
Un enjeu doublement motivant…
