J’ai connu de meilleurs 22 mars !
J’ai connu de meilleurs 22 mars…
Ceux et celles qui me connaissent savent qu’il m’arrive souvent de mémoriser plus que de raison certaines dates. Il s’agit, la plupart de temps d’anniversaires (de naissances, de décès), mais aussi d’évènements importants familiaux, amicaux ou sociétaux…
C’est le cas du 11 septembre (Chili 1973), du 21 janvier (décès de Lénine ou décès de Louis XVI), du 9 mars (1999, qui fut un important moment professionnel pour moi), du 29 mai (mort de Jeanne d’Arc et anniversaire d’un ami), sans oublier le 9 novembre (de Gaulle 1970 !)… Je ne vais pas tous les citer, j’en ai plusieurs par mois.
Le 22 mars fait partie de cette litanie.
Mais jusqu’à présent cette date restait liée à 1968. C’est ce 22 mars que des étudiants de la faculté de Nanterre (près de Paris), se révoltent, essentiellement afin de protester contre la séparation des cités universitaires. A cette époque, il y avait des bâtiments pour les filles, et des bâtiments pour les garçons. La manifestation a débouché sur un des évènements politiques majeurs du XXe siècle français. Je raccourcis un peu le phénomène, mais c’est quand même à partir de là que les futurs « grands leaders » de la gauche révolutionnaire vont enclencher une « révolution ». Les Geismann, Sauvageot et bien sûr Cohn-Bendit étaient de la partie (si ce n’est de la soirée)…
Il s’avère que 5 et 6 ans plus tard, j’ai été logé dans un de ces bâtiments de la Cité-U de Nanterre. Dans un bâtiment de fille ! Non pas que la mixité était autorisée depuis mai 68 (il y avait toujours des cités séparées), mais comme je n’habitais pas très loin de la fac, je n’avais pas à siéger dans la cité-U. J’avais donc trouvé comme astuce de bénéficier de la chambre d’une copine (qui elle logeait chez son copain) pour habiter dans le bâtiment des filles ! Bien sûr, j’ai pu bénéficier de la complicité du personnel de la cité, notamment du personnel d’entretien, qui s’est bien gardé de me dénoncer à l’administration…
Et j’y ai passé de très bons moments !
Le 22 mars 2026 fut d’un tout autre acabit…
Succédant au 15 mars (premier tour déjà ravageur), ce second tour des élections municipales nous a plongé un peu plus dans un pays prêt à entrer dans un régime d’extrême droite… ce qui arrivera sans doute dès l’an prochain !
Bien sûr, celles et ceux qui veulent (se) rassurer mettent en avant Paris, Lyon, Marseille. Les trois plus grandes villes qui restent au centre-gauche. Bien sûr, les villes ancrées au PS (Rennes, Nantes, Montpellier, Lille, Strasbourg) y sont restées. Mais le fait principal de cette élection, reste l’implantation toujours plus forte de l’extrême droite dans la France profonde. Cet ancrage va peser, dès les élections sénatoriales de septembre prochain. Le RN devient le parti pivot de la droite. Les autres partis vont devoir se positionner par rapport à lui, qui dictera ses désirs pour la présidentielle et les législatives à suivre.
La région PACA déjà quasiment perdue
Si Marseille, Toulon, Draguignan ont pu éviter le RN, Nice est tombée. C’est aussi le cas de La Seyne (2ᵉ ville du Var !) et de Menton.
Les premières conséquences, outre les politiques associatives, culturelles et sociales qui vont changer de cap, ce sont évidemment les élections régionales à venir. Comment empêcher l’extrême-droite de conquérir une région qu’il n’avait pu prendre la dernière fois que parce que la gauche s’était retiré du second tour ?
Vivre à Nice est déjà insupportable pour des gens honnêtes, c’est-à-dire soucieux d’une vie culturelle, sociale, professionnelle. Il n’est plus possible de trouver de quoi se loger, plus possible de trouver un travail (autre que dans le tourisme). Nice est la 5ᵉ ville la plus peuplée de France. C’est aussi la 3ᵉ où il y a le plus de pauvreté… Le sur-tourisme prôné par la droite extrême déjà au pouvoir a tout pourri… Que sera la ville après l’extrême-droite ?
Un chamboulement du paysage politique
Ces élections vont provoquer une modification très sensible du paysage politique français. Nous allons sans doute vers une explosion du parti principal de la droite (LR) qui ne pourra résister entre la tentation de l’extrême ou la résistance au centre.
Nous allons aussi voir l’explosion du parti social démocrate (PS) qui va éclater entre une tentation à gauche et un centre mou. Mais n’oublions pas pour ce parti, qu’il fut, il n’y a pas si longtemps, le mouvement qui contrôlait TOUTES les institutions politiques (Présidence de la République, Assemblée nationale, Sénat, toutes les régions – sauf l’Alsace, la plupart des départements et la plus grande partie des villes de plus de 30 000 habitant-es). Nous étions en 2012. Ce n’était pas il y a si longtemps ! Qu’ont-ils fait de tous ces leviers ? Et ces gens-là (Hollande, Guedj, Valls) osent encore venir devant nous et nous dire ce qu’il faudrait faire ? Qu’ils et elles dégagent…
Quant aux macronistes, nous pouvons nous satisfaire de leur quasi disparition. Certes Philippe croit toujours dans ses chances. Pourquoi pas. Mais il lui faudra récupérer les restes centristes de LR, ce qui ne sera pas simple. Il y a aussi Attal et Renaissance. J’ai été sidéré dimanche soir de le voir se féliciter que son parti ait gagné une ville de 100 000 habitants. Ce qui l’a amené à nous annoncer que Renaissance allait proposer, dans les semaines à venir, un vaste projet ! Mais ce type est au pouvoir depuis presque 10 ans. Il a même été premier ministre. Que n’a-t-il mis en place ces bonnes idées à cette époque ?
Il reste la question des écologistes. Ce 22 mars 2026 marque la perte des villes gagnées en 2020 (sauf Lyon). Ce résultat représente un échec important de la direction de ce parti. L’implantation locale reste un doux rêve. Nous nous dirigeons sans doute vers des débats animés dont les écolos ont le secret pour se préparer à 2027…
S’il faut faire une synthèse de la situation politique, je dirai que la droite est déliquescente, la social-démocratie au bord de l’implosion et le centre en pleine déconfiture après la destruction méthodique macroniste…
Il reste donc l’extrême droite et la gauche.
Est-ce à dire que nous nous orientons vers un duel Mélenchon – RN (Bardella, Le Pen, Zemour, Ciotti ?) pour le moment décisif de 2027 ? Ou un individu providentiel va-t-il se dégager du maelstrom droito-centriste, et nous maintenir dans une ambiance pré-ordolibéraliste en cohérence avec les orientations de l’Union européenne ?
L’anné va être existante… L’année 1968, suite au 22 mars, fut quand même plus jouissive !

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5 heures
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