JO 2026
Des jeux entre politique et libéralisme…
Nous allons vivre ce soir (6 mars) la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques d’hiver 2026.
Resterons-nous dans la même logique ?
Un contenu politique assumé et revendiqué.
La volonté du gouvernement italien, notamment de Giorgia Meloni, était de proposer une cérémonie d’ouverture des JO d’hiver 2026 mettant de côté les orientations politiques affichées par Paris en 2024. Il fallait rester dans une logique dites apolitique reposant sur la « culture » traditionnelle de l’Italie.. C’est ce qui nous a valu un défilé fade, basé sur la mode et la musique et la valorisation de l’architecture. Certes, l’ouverture de la Traviata pour démarrer la soirée fut un moment émouvant. Il faut avouer que pour moi, la Traviata sera toujours un moment émouvant, JO ou pas… Je ne suis donc pas très objectif sur cet aspect.
Mais que nous fûmes loin de la prestation d’Aya avec les gardes mobiles, de Philippe Katherine allongé sur la table du banquet, loin des références à la révolution y compris dans ces moments les plus violents.
Cette volonté politique repose sur un vieil antagonisme entre l’Italie et la France, peuples qui vivent depuis des siècles un rapport » je t’aime, moi non plus « , qui amène l’un à imiter l’autre tout en essayant de dominer le partenaire-adversaire !
Mais l’opposition est aussi plus récente. Elle est le résultat de l’affrontement de plus en plus affiché entre Meloni et Macron. L’une voulant conquérir une place que son pays n’occupe plus depuis quelques décennies, l’autre refusant de quitter un leadership datant des politiques dont il a hérité… notamment vis à vis d’un soit disant leadership européen.
Quant au nouveau de la vision économique et politique, pas de soucis, il et elle sont d’accord comme deux larrons en foire.
Une foire aux activités
Ce qui m’a marqué dans cette édition des JO d’hiver a été l’augmentation du nombre de disciplines mises en compétition. Pour rester dans des comparaisons qui font références pour les français, si on compare avec les JO de Grenoble en 1968, le nombre de médailles en jeu a augmenté de 231% (35 épreuves en 68 et 116 en 2026).
Parallèlement, le nombre de pays participants a augmenté de 151% (37 pays en 1968 et 93 en 2026) ! N’oublions pas que la Russie et la Biélorussie étaient interdits de participation.
Il me semble logique de nous poser la question de l’intérêt de certaines disciplines. Quid du ski alpiniste, des diverses épreuves dans un tube ski ou planche au pied ? Toutes ces disciplines ne sont-elles pas présentes pour permettre un évènement mondial d’ampleur, capable d’occuper les chaines TV pendant deux semaines ?
Un bilan français finalement mitigé
Le nombre de médailles record (23 !) ne cache-t-il pas un fiasco dans la politique sportive française ?
Certes, il s’agit de la plus grosse récolte depuis l’existence des JO d’hiver. L’essentiel de ces médailles provient d’une discipline : le biathlon. Aucune médaille en ski alpin (pardon, j’allais oublier Romane), rien sur les épreuves traditionnellement reines de cette manifestation.
Quand nous observons les investissements français dans le sport, tou-tes les participant-es des JO de 2024 à Paris déplorent la baisse drastique des fonds distribués à partir de 2025. 2024 fut une opération de communication, certes réussie, mais qui n’a nullement enclenché un vaste mouvement d’aide en direction du sport, que ce soit pour les pratiques locales et de loisir ou pour le haut-niveau. Milan-Cortina en est le premier exemple…
Un bilan écologique catastrophique
Milan-Cortina 2026 fut la première expérience de décentralisation des épreuves. Répartis en quatre lieux différents, éloignés de plus de 250km, ces Jeux représentent un coût écologique sans précédent ! Les compétitions ont eu lieu entre la Lombardie, la Vénétie et le Trentin-Haut-Adige. Même si l’événement s’appuie sur 93 % de sites existants ou temporaires, notamment à Cortina d’Ampezzo où avaient été organisés les Jeux olympiques d’hiver de 1956, les déplacements entre les différents sites ont été très lourds.
Mais, outre l’impact écologique des déplacements, il est important de s’interroger sur l’organisation des épreuves. Historiquement, les sports d’hiver ont été pratiqués en extérieur, quand il fait froid. Mais les compétitions ont été nombreuses à se tenir de nuit. Certes, l’aspect esthétique de skieurs à bosse ou de sauteurs volant en pleine nuit sous les éclairages est très réussi. Mais quelle dépense énergétique ! Sans parler, évidemment, des épreuves sur glace qui n’ont lieu que dans des patinoires…
Enfin, last but not least, il est toujours agréable de se féliciter de la participation plus nombreuse de pays à ces JO d’hiver. Mais il est quand même nécessaire de s’interroger sur la participation d’athlètes venant de pays dans lesquels il n’y a ni montagne, ni hiver !!!
La suite…
La suite est inquiétante. Car les JO de 2030 vont encore amplifier les défauts pointés ci-dessus. Ce n’est pas un hasard si les Alpes françaises ont été le seule candidate à cette organisation. Plus personne ne veut assumer cette charge. Le coût, financier, écologique et social va être très lourd pour les régions concernées, ainsi que pour l’État français.
Mais tout n’est pas encore joué. La lutte continue pour envisager un projet plus raisonnable…
